Lettre de 12 dirigeant(e)s de centres de tri – L’élargissement de la consigne : fragiliser tout un secteur

LETTRE OUVERTE

L’élargissement de la consigne : fragiliser tout un secteur économique et nuire à l’ensemble de la chaîne de valeur du recyclage

Monsieur le Premier ministre,

Après les bouteilles de vin, voici que votre gouvernement considère appliquer une consigne sur les bouteilles d’eau à usage unique. Savez-vous qu’une telle décision pourrait menacer la survie de certains de nos centres de tri et plusieurs des 1 500 emplois que nous participons à créer en régions ?

La consigne des bouteilles d’eau représente un risque énorme pour nos entreprises qui sont génératrices d’emplois pour des travailleurs et des travailleuses dont les niveaux d’employabilité sont plus faibles et ce, partout sur le territoire québécois. Qu’il s’agisse d’entreprise de réinsertion sociale, de travail adapté, ou simplement d’employés non diplômés, les centres de tri répondent à un besoin social de création d’emplois.

Les centres de tri gagnent à investir dans la mécanisation en autant que les volumes de matières à traiter sont présents. Le retrait des matières du bac de recyclage aura pour conséquence de freiner les investissements nécessaires à la modernisation du tri et au traitement des matières restantes dans le bac. Voilà le cercle vicieux dans lequel un élargissement de la consigne nous enfoncerait inexorablement.

À cela s’ajoute l’effet d’une telle décision sur la performance globale de la récupération au Québec. Au moment où RECYC-QUEBEC sent la nécessité d’axer ses messages non plus sur l’utilité du recyclage mais sur l’éducation des citoyens, on risque d’augmenter leur niveau de confusion avec la conséquence directe d’une baisse des taux de récupération. Plus c’est compliqué, moins la participation est élevée. Travaillons donc plutôt sur la confiance des citoyens envers le système et mettons, une fois pour toutes, fin au dénigrement de nos efforts collectifs.

Ce plastique fait partie des matières qui permettent de faire baisser le coût de la collecte sélective au Québec et ainsi, nous permettre de poursuivre notre mission régionale en environnement, en emploi et en développement économique.

Nous vous invitons, monsieur le Premier ministre, à privilégier des solutions concrètes d’amélioration de la collecte sélective. Poursuivre la modernisation des centres de tri et soutenir le développement de débouchés durables pour la matière récupérée représentent selon nous des avenues porteuses d’avenir qui auront un impact positif majeur sur nos entreprises et le développement des régions au Québec.

Lettre signée par :
Mme Nathalie Drapeau, Directrice générale, Centre de tri Grande-Rivière (RITMRG);
Mme Chantal Frappier, Directrice générale, EBI Environnement Inc. – Centre de tri
Mme Julie Gagné, Directrice générale, Sani-Éco Inc.
M. Michel Camirand, Directeur général, Récupération Mauricie / Groupe RCM
M. Hugo Desjardins, Directeur général adjoint, Groupe Bouffard
M. Gilbert Durocher, Vice-président aux opérations, Rebuts Solides Canadiens Inc.
M. Johnny Izzi, Directeur général, Gaudreau Environnement Inc.
M. Sylvain Lafortune, Président directeur général, Compo Recycle
M. Richard Lanciault, Directeur général, RécuperAction Marronniers Inc.
M. Frédéric Potvin, Directeur général, Tricentris, centre de tri
M. André Jr St-Cyr, Directeur général, Récupération Frontenac Inc.
M. André Poitras, Directeur général, La Société V.I.A. Inc