Mythes et réalités

Le discours des partisans de l’élargissement de la consigne passe sous silence plusieurs aspects de la situation globale, tant à l’échelle provinciale que nationale, et avancent des énoncés qu’ils ne peuvent démontrer d’aucune façon.

Pour prendre des décisions éclairées, il faut connaître les faits, TOUS les faits!

Rétablissons certains faits par des informations appuyées par des études et des données publiques, reconnues et documentées (voir à la section Documentation).

Mythe no 1 : Le verre est enfoui au dépotoir

Réalité

Selon les données plus récentes diffusées par RECYC-QUÉBEC en février 2015, 94 % du verre récupéré au Québec est valorisé (Fiche info verre).

Il est vrai qu’à la suite de la fermeture du centre de conditionnement qui recevait 80 % du verre au Québec en 2013, les partenaires du recyclage ont unanimement convenu d’une solution temporaire exceptionnelle : utiliser le verre dans les lieux d’enfouissement sanitaire comme matériau de recouvrement quotidien en remplacement du sable, ou pour construire des chemins d’accès en remplacement ou en ajout au gravier.

Cette solution temporaire est en voie d’être remplacée par de nouveaux débouchés pour le verre, grâce auxquels le taux de recyclage est en progression constante.

La situation du verre est sous contrôle.

Mythe no 2 : Consigner les bouteilles de vin règle le problème de récupération du verre

Réalité

Le traitement de chaque matière présente un défi pour les centres de tri, le verre comme les autres.

Un centre de tri moderne et bien équipé peut réaliser un excellent tri de toutes les matières, incluant le verre.

Les bouteilles de vin ne représentent qu’environ 50 % de tout le verre se retrouvant dans nos foyers.

Même si on retirait les bouteilles de vin du bac, un centre de tri devrait se doter de l’équipement adéquat et allouer des ressources pour trier le verre restant (pots de confiture, bouteilles de Ketchup, contenants de boisson gazeuse consignés, etc.).

En retirant du bac la moitié du verre, on ne règle rien. Pire, en diminuant le volume de matière à trier, on amplifie le problème en  décourageant les investissements dans les centres de tri.

La solution, moderniser les quelques centres de tri qui en ont besoin!

Le verre à la maison

          Bouteilles_vin                  Verre_divers

 

Mythe no 3 : La consigne des contenants de verre est simple à mettre en place

Réalité

Recevoir des bouteilles de vin et d’autres contenants de verre vides dans les succursales de la SAQ, les dépanneurs et les détaillants est difficilement réalisable (espace disponible, coût du pi2, logistique, manutention par des employés salariés).

Les promoteurs de la consigne proposent d’implanter un nouveau réseau de centres de dépôt dédoublant le système de collecte sélective.

Les promoteurs de la consigne n’ont pas présenté de plan d’affaires détaillant le nombre de centres de dépôt nécessaire, où ils seraient construits, à quel coût, quelles nuisances ils causeraient, quelle quantité de gaz à effet de serre additionnelle serait générée, etc. Seule la SAQ a publié une étude présentant certaines hypothèses à cet effet.

La consigne exigerait des citoyens de conserver leurs contenants de verre séparément dans leur domicile, puis de se déplacer vers un centre de dépôt, à défaut de quoi ils perdraient l’argent déboursé à l’achat.

A-t-on pensé aux aînés, aux personnes à mobilité réduite, à celles qui n’ont pas de voiture?

Pour le citoyen, qui dépose déjà 84 % de ses contenants de verre dans le bac de récupération, la solution la plus simple demeure incontestablement la collecte sélective à domicile.

 Exemples de centres de dépôt au Nouveau-Brunswick

 Centre_depot_1Centre_depot_2

Mythe no 4 : Les autres provinces canadiennes sont en avance sur le Québec et ont déjà instauré la consigne il y a de nombreuses années

Réalité

Le Québec est un leader, il a été le premier endroit en Amérique du Nord où 100 % des coûts nets des services municipaux de collecte sélective sont financés par les entreprises qui mettent sur le marché des contenants, emballages et imprimés.

C’est aussi au Québec qu’on retrouve la meilleure desserte de collecte porte-à-porte : 99 % des citoyens sont desservis à domicile.

Plusieurs provinces ont tardé et tardent encore à implanter la responsabilité des producteurs à l’égard des contenants, emballages et imprimés qu’ils génèrent. Dans plusieurs provinces, les municipalités ne sont pas compensées pour la collecte sélective municipale, expliquant le maintien de la consigne.

Contrairement au Québec, dans plusieurs provinces, un citoyen ne se fait rembourser que la moitié de l’argent qu’il a laissé en consigne lorsqu’il rapporte son contenant.

Cette dépense supplémentaire pour le citoyen est nécessaire pour financer les coûts importants des systèmes de consigne.

Le Québec offre la meilleure performance globale en matière de collecte sélective au Canada.

Mythe no 5 : Il n’y a pas de débouché pour le verre mixte au Québec

Réalité

Comme pour toutes les matières, il n’est pas nécessaire de recréer le même produit qu’à l’origine lorsque l’on recycle : on peut produire autre chose que des bouteilles avec le verre.

Outre les débouchés traditionnels tels que la laine minérale, le sable de filtration pour piscines ou le sablage au jet, il y a au Québec plusieurs entreprises qui ont trouvé des débouchés pour valoriser le verre. Par exemple : Tricentris se spécialise en micronisation du verre et en fait un ajout cimentaire, Gaudreau Environnement produit des dalles écologiques et Jansen Industrie, un équipementier québécois, produit du béton écologique et du mobilier urbain intégrant de la poudre de verre. Voyez des exemples à la section Documentation.

De plus, certaines municipalités ont déjà commencé à utiliser l’ajout cimentaire lors de la réfection de trottoirs et chaussées. Il faut continuer d’encourager ces efforts!

D’importants projets de recherche sont en cours, entre autres avec l’Université de Sherbrooke et l’École de technologie supérieure, pour maximiser l’utilisation locale du verre dans les infrastructures municipales québécoises. L’élargissement de la consigne découragerait ce type d’initiative des partenaires publics et privés, qui ont déjà investi plus de 20 millions de dollars dans des projets novateurs.

Le 9 juillet 2014, un arrêté ministériel a été publié dans la Gazette officielle qui permet et encadre des modifications à des contrats existants pour régulariser la situation exceptionnelle du verre et ainsi assurer aux municipalités du Québec la compensation financière par l’industrie des surcoûts liés au verre.

En matière de débouchés, il est impératif d’éviter de reproduire les erreurs du passé en devenant dépendant d’un seul acheteur.

Mythe no 6 : La récupération et le traitement du verre coûtent cher aux municipalités

Réalité

En vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement et du Règlement sur la compensation pour les services municipaux fournis en vue d’assurer la récupération et la valorisation de matières résiduelles, ce sont les entreprises qui génèrent des contenants, emballages et imprimés sur le marché québécois qui financent 100 % des coûts nets des services municipaux de collecte sélective.

En 2014, les municipalités ont reçu un montant de 135 millions de dollars en compensation. Depuis 2005, près de 1 milliard de dollars qui ont été remboursés aux municipalités. Consultez le lien vers la fiche explicative du régime de compensation sur le site internet de Éco Entreprises Québec pour de l’information complète et concise à ce sujet.